Pénurie de médecins en France

La France fait face à une pénurie croissante de médecins, exacerbant les inégalités d’accès aux soins sur l’ensemble du territoire. Cette situation, connue sous le nom de « désertification médicale », touche particulièrement les zones rurales et certaines banlieues urbaines.

État des lieux de la pénurie médicale

Malgré une augmentation continue du nombre total de médecins en France, la répartition de ces professionnels demeure inégale. En 2020, environ 5,7 % de la population française, soit plus de 3,7 millions de personnes, résidaient dans des zones sous-dotées en médecins généralistes. Les régions les plus affectées incluent l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire. Des villes comme Mantes-la-Ville ne comptaient que quatre médecins pour 20 000 habitants, tandis que l’Indre enregistrait seulement 47 spécialistes libéraux pour 100 000 habitants, bien en deçà de la moyenne nationale de 85,49.

Conséquences sur le système de santé

La pénurie de médecins a des répercussions directes sur le système de santé français. Les services d’urgences sont saturés, avec des fermetures temporaires ou des fonctionnements sans médecin dans plus de la moitié des services durant les mois estivaux. Cette situation entraîne des retards dans la prise en charge des patients et une augmentation des risques pour leur santé.

De plus, la crise hospitalière se manifeste par des fermetures de lits, une surcharge du personnel soignant et une difficulté accrue à recruter des professionnels de santé. Ces défis compromettent la qualité des soins et augmentent la pression sur les structures hospitalières.

Initiatives pour pallier la pénurie

Face à cette crise, diverses initiatives ont émergé. Par exemple, le docteur Michel Daunay, retraité depuis dix ans, a exprimé son souhait de rouvrir son cabinet à Châtres-sur-Cher, une commune de 1 100 habitants, pour répondre au manque de médecins. À 76 ans, il envisage de travailler deux jours par semaine pour pallier la demande croissante de consultations.

Par ailleurs, des propositions législatives visant à réguler l’installation des médecins dans les zones surdotées ont été débattues. Cependant, ces mesures coercitives suscitent des controverses. Le gouvernement privilégie actuellement des incitations, telles que l’aide à l’installation et l’instauration d’une quatrième année d’étude pour les internes en zones sous-denses, afin d’encourager les jeunes médecins à s’installer dans les régions les plus touchées par la pénurie.

Perspectives d’avenir

La résolution de la pénurie de médecins en France nécessite une approche globale, combinant incitations à l’installation dans les zones sous-dotées, augmentation des capacités de formation médicale et amélioration des conditions de travail des professionnels de santé. Sans une action concertée et durable, les inégalités d’accès aux soins risquent de s’aggraver, compromettant ainsi la santé de millions de citoyens.

Sources : Wikipédia – Le Monde